• Valérie D

L'ambre gris



D'écumants panaches et de fontaines sous-marines, on a dit naître il y a des siècles une des matières premières les plus fascinantes et les plus chères en parfumerie: l'ambre gris.

Aujourd'hui, l'ambre gris n'est guère plus utilisé, remplacé par des accords de synthèse, mais il continue à fasciner grâce aux mythes qui ont ourlé la découverte et l'usage de cet or flotté.


De l'ambre, le commun des mortels connaît surtout la teinte chaude et envoûtant de l'ambre jaune, l'oléorésine fossile dont on fait colliers et ornements. Mais il ne sait pas toujours que cette résine, dont on dit qu'elle tomberait des larmes des Héliades, transformées en peupliers au bord de la mer, tient son nom d'un ambre encore plus fantastique, que l'on repêche également à la surface de l'eau et sur les plages, le mythique ambre gris.



L'ambre gris est une concrétion qui se forme dans l'intestin du cachalot, rejetée ensuite par les voies naturelles de l'animal sur des flots qui l'accueillent maternellement, la ballottent, la cajolent, la bercent d'iode tandis que les rayons attentifs du soleil la couvent avec patience pendant des décennies, voire des siècles, avant de la déposer sur une plage où des hommes la transformeront à leur tour en médicament contre l'asthme et l'épilepsie, en aphrodisiaque ou encore fixateur d'odeur en parfumerie.


On dit d'elle qu'elle est pathologique car elle semble résulter de blessures causées par les becs des calmars, seiches et autres crustacés que le cachalot ingère. Seuls très peu d'entre eux, les Physeter Macrocephalus, produisent naturellement cette concrétion, ce qui ajoute au mystère de ses origines.

Certains diront que c'est un mécanisme protecteur semblable à celui de la fabrication des perles par les huîtres. D'autres que cette substance sécrétée par l'intestin sert à colmater les plaies avant d'être rejetée.

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